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TENDANCES DE L’ORIENT
TENDANCES DE L’ORIENT no 27
 
 

La tendance générale

 

 

 

Des rois, des émirs et des télévisions arabes pour prêcher la démocratie!

 

Le plaidoyer américain et européen en faveur de la démocratie dans les pays arabes, théâtres de soulèvements populaires, s’est transformé en scandale moral et politique.

Les Etats-Unis et l’Europe sont intervenus en force pour écraser la révolution populaire à Bahreïn, lorsque le régime autocratique est arrivé à une impasse et a failli céder devant le vaste mouvement révolutionnaire pacifique qui a proposé un programme de transition vers une monarchie constitutionnelle. L’opposition bahreïnie était diversifiée et comptait dans ses rangs des chiites et des sunnites, des personnalités de gauche, des islamistes et des nationalistes arabes, qui ont réussi à mobiliser sur la place de la perle, à Manama, quelque 80% de la population du royaume.

La protection de la monarchie autocratique d’Arabie saoudite était le principal souci de l’Occident et le but essentiel de l’intervention militaire des pays du Golfe à Bahreïn, avec la complicité et la couverture des Etats-Unis et de l’Europe et le silence des pays arabes.

En Libye, l’Occident a revêtu son intervention militaire directe de l’habit des droits de l’homme, le refrain habituel ressassé à chaque crise. Mais l’objectif non avoué mais que tout le monde connait, est le pétrole libyen et les contrats juteux de la reconstruction du pays après sa destruction par les avions de l’Otan ou les combats entre Kadhafi et les rebelles. Le but stratégique de l’intervention en Libye est d’encercler les révolutions en Tunisie et en Egypte. L’Occident craint en effet que le changement dans ces deux pays aille jusqu’à l’émergence de pouvoir libérés de toute hégémonie étrangère, ce qui constituerait un danger existentiel pour Israël.      

En effet, la chute brutale du régime de Hosni Moubarak a été perçue comme un désastre par les Etats-Unis, Israël et les amis arabes de Washington. L’«axe des modérés», qui avait perdu l’un de ses deux piliers avec l’Arabie saoudite, risquait de s’effondrer.

A ce stade des événements, la contre-attaque est lancée. L’union sacrée est scellée entre les membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). La situation est jugée tellement grave que le Qatar est prié d’abandonner son rôle de médiateur entre l’Iran et les Arabes et de s’investir à fonds aux côtés de l’Arabie saoudite, qu’il ne tient pourtant pas dans son cœur. Subitement, Al-Jazeera et les principaux médias internationaux oublient la «Révolution bahreïnie» et passent sous silence le déploiement dans l’ile de centaines de blindés saoudiens et émiratis ainsi que la répression qui s’abat sur un mouvement parfaitement pacifique.

Deux mois après le début des révolutions dans le monde arabe, la situation se dégrade subitement à Deraa, en Syrie. Pourtant, de nombreux experts, arabes et occidentaux, se relayaient sur les écrans de télévision pour évoquer «l’exception syrienne». Certes, les Syriens souhaitent des réformes et une plus grande ouverture du régime. Mais la Syrie est en guerre contre Israël et a des terres occupées. Cela constitue une différence fondamentale avec les autres pays arabes.

Pour la Syrie, il ne fait plus aucun doute ce qui se passe dans le pays s’inscrit dans le cadre de la contre-attaque de l’«axe modéré». Ils veulent faire tomber la Syrie pour compenser la perte de l’Egypte. A leurs yeux, la chute du régime serait susceptible de rééquilibrer en leur faveur le rapport de forces régional.

Le rôle prépondérant de la mouvance islamiste dans les événements de Syrie est de plus en plus visible. Les manifestations ont une connotation islamique car elles sortent des mosquées après la prière du vendredi.

Pour conforter la théorie de la conspiration, le rôle complice ou ambigu du Qatar, de la Turquie et de l’Arabie saoudite, est à relever. Le Qatar semble s’être investi à fond aux côtés des manifestants qui disposent d’une tribune de choix à Al-Jazeera et d’un soutien de taille en la personne du cheikh Youssef Kardaoui, célère prédicateur sunnite installé à Doha, et qui ne tarissait pas d’éloges envers Bachar el-Assad, il y a quelques mois.

  

         

La tendance au Liban

 

 

 

Les câbles de Wikileaks confirment l’implication de Saad Hariri dans les incidents de Syrie

 

Le député libanais Jamal Jarrah, qui aurait recruté, armé et payé des Syriens pour fomenter des troubles dans leur pays –selon les aveux télévisés de trois suspects arrêtés par les services de sécurité- et le Bloc parlementaire du Futur de Saad Hariri, ont nié les accusations sur leur implication dans les événements qui secouent la Syrie. Mais ces démentis coïncident avec la publication de nombreux câbles de Wikileaks qui révèlent le rôle du Premier ministre sortant dans le plan américain visant à renverser le régime syrien et son remplacement par une coalition comprenant l’ancien vice-président Abdel Halim Khaddam et les Frères musulmans de Syrie.  

Les informations révélées par Wikileaks apportent un démenti aux propos de Jamal Jarrah car elles dévoilent le rôle de Hariri à l’intérieur de la Syrie. Les Libanais, qui connaissaient  la présence d’un bureau de liaison quasi-officiel des Frères musulmans et de Khaddam à Beyrouth, sous la protection du Courant du Futur, le savaient déjà. Et le séjour de plusieurs jours au Liban-Nord de Sadreddine Bayanouni, alors qu’il était encore le guide des Frères, confirment ces informations. Son objectif était de créer des cellules pour son mouvement au Liban avec pour mission de s’activer en Syrie. De plus, le Courant du Futur avait accordé des facilités au fils de Rifaat el-Assad, Ribal, afin qu’il recrute et établisse des contacts à l’intérieur de la Syrie. Selon les câbles de Wikileaks, Saad Hariri a déployé d’intenses efforts pour tenter de convaincre les Américains d’adopter la coalition Khaddam-Frères, afin qu’elle dirige la Syrie.

Un  suivi des médias audiovisuels, écrits et électroniques appartenant à Hariri, montrent qu’ils sont mobilisés et impliqués dans le plan de destruction de la Syrie. Ils véhiculent et amplifient une seule version des faits, celle de ceux qui essayent de semer les troubles et déstabiliser le pays dans l’espoir de renverser le régime, et ignorent toutes les mesures prises par le pouvoir pour désamorcer la crise.

La chambre d’opération médiatique et électronique établie au Liban sous la supervision du Courant du Futur a été dévoilée par le journaliste Josh Wood du New York Times (Voir ci-dessous), elle se trouverait dans le quartier d’Achrafiyé, à Beyrouth-Est. Par ailleurs, le réseau d’informations électronique, comprenant de nombreux sites financés par Hariri, a été rattaché à une chambre d’opération basée à Amman et à Paris.

En recoupant ces faits avec les informations divulguées par la Ligue des travailleurs syriens au Liban-Nord, sur des tentatives de recrutement d’ouvriers syriens pour commettre des actions subversives en Syrie en contrepartie d’importantes sommes d’argent, on rassemble les pièces du puzzle.

Après la réconciliation syro-saoudienne au sommet du Koweït, en janvier 2009, Saad Hariri avait gelé les activités de son réseau de sabotage en Syrie. Mais tous les indices montrent que son parrain, le prince Bandar Ben Sultan, est le principal acteur des actes subversifs qui ont lieu en Syrie, comme les attaques contre les forces de l’ordre, la falsification de vidéos, et l’envoi de pseudo-témoins oculaires à tous les médias affiliés afin qu’ils inventent et exagèrent les faits en Syrie dans le but de semer le doute dans l’esprit des gens et les inciter à la révolte.

Saad Hariri et Bandar, qui ont monté pièce par pièce le dossier des faux témoins dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, sont tout à fait capables de monter et de diriger tout un réseau de sabotage en Syrie.

Et si les câbles de Wikileaks ne suffisent pas à convaincre les sceptiques, les preuves et les indices qui sont possession des autorités syriennes, et qui auraient déjà été envoyés au roi Abdallah d’Arabie saoudite, le sont certainement.

 

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Déclarations et prises de positions

 

Michel Sleiman, président de la République libanaise

«Toutes les parties doivent remplir leurs responsabilités en ce qui concerne la mise en œuvre du pacte de coexistence tel que souligné dans le préambule de la Constitution. Ce pacte n'a pas pour but de distribuer les parts entre les communautés, il fait en sorte que les responsables des différentes communautés deviennent responsables au moins sur le plan du respect de la Constitution, de l'application des lois, de leur modernisation pour que le pays puisse se transformer en État citoyen. Les changements régionaux ne doivent pas nous effrayer. Nous avons de nombreux atouts qui nous permettent de rester forts comme notre démocratie, notre armée et notre immunité contre l'ennemi israélien. Toutes les parties doivent s'atteler immédiatement à la formation du gouvernement et à sortir de la logique de la distribution des parts, tout en respectant la Constitution.»

 

Najib Mikati, Premier ministre désigné

«Il aurait été naturel que j'annonce la formation du gouvernement. Mais après concertation avec le président de la République, nous avons décidé de nous accorder un délai supplémentaire afin que le cabinet ait pour leitmotiv la stabilité, qu'il écarte la discorde entre les Libanais et qu'il œuvre dans le cadre de la Constitution. Si nous formons un gouvernement sur base de règles politiques, celles-ci s'avèreront mouvantes. Mais si nous mettons sur pied un cabinet sur base de critères constitutionnels, ces derniers ne peuvent qu'être fixes (…) Les blocs parlementaires et les chefs des blocs parlementaires ont le droit de réclamer des quotas déterminés. Mais dans le même temps, il est du droit du président de la République et il est de mon droit d'exercer nos prérogatives constitutionnelles afin que le gouvernement représente les différentes composantes du peuple libanais. Je suis pour un cabinet représentant une élite, indépendamment des allégeances politiques, un gouvernement qui puisse régler les problèmes et non pas être lui-même une source de problèmes. Je n’oppose de veto contre personne.»

 

Walid Joumblatt, leader druze, allié du Hezbollah

Extraits d’une interview parue dans Le Figaro

«L'actuelle guerre froide irano-saoudienne a des répercussions immédiates sur la situation au Liban, dont la stabilité dépend d'un compromis régional. Cela a toujours été comme ça dans l'Histoire. Rappelez-vous le compromis Eisenhower-Nasser, en 1958; ou l'accord de Taëf de 1989, parrainé par l'Arabie saoudite, la Syrie, l'Amérique et la France, qui mit fin à la guerre civile. Aujourd'hui, il faut d'urgence que se construise un dialogue entre les Arabes et les Iraniens, par l'intermédiaire de la Syrie. Le régime syrien n'est pas à bout de souffle. Le Levant n'a rien à voir avec l'Afrique du Nord. Le modèle des révolutions tunisienne et égyptienne n'est pas transposable à la Syrie. Ce que je sais, c'est que la sécurité du Liban dépend de la sécurité de la Syrie. Je redoute le retour du langage des armes au Levant.»

 

Presse

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars-12 avril 2011)

Rosanna Bou Mounsef

Les développements régionaux posent tous les jours de nouveaux obstacles au processus de formation du gouvernement au Liban. Ainsi, le soutien exprimé par le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, à l’opposition au Bahreïn, affecte la position arabe à l’égard du Premier ministre désigné Najib Mikati. La montée de la tension entre les pays du Golfe et l’Iran complique également la naissance et le démarrage du cabinet. Les développements en Syrie auront toutefois le plus grand impact, surtout que c’est Damas qui était derrière la chute du gouvernement Hariri et de la désignation de Mikati. Si les événements en Syrie prennent une tournure confessionnelle, le Liban ne restera pas longtemps à l’abri.

 

An Nahar (15 avril 2011)

Abdel Karim Abou Nasr

Selon une source diplomatique européenne qui a récemment visité Beyrouth, il semble que le Premier ministre désigné, Najib Mikati, refuse de former le gouvernement avant d’infliger une défaite politique à ses nouveaux alliés, et vice versa. Les relations difficiles entre lui et les forces du 8-Mars pèseront sur l’action du prochain gouvernement, s’il est formé (…) M. Mikati souhaite préserver le large soutien arabo-international dont bénéficie le Liban et refuse que son gouvernement assume la responsabilité de la rupture des liens avec le TSL. Pour lui, la solution serait de traiter ce dossier dans le cadre du Comité du dialogue national. Le Hezbollah a promis à Mikati de faire preuve de compréhension sur ce plan, mais en réalité il demandera aux ministres aounistes d’œuvrer à l’inclusion d’une clause dans la déclaration ministérielle scellant le divorce avec le TSL. M. Mikati voulait former un gouvernement de sauvetage national et se présenter comme une personnalité centriste. Il a cru que ses prérogatives constitutionnelles, ses liens étroits avec le président syrien et le fait que le 8-Mars avait besoin lui, lui permettraient de former le gouvernement qu’il souhaite. Ses calculs se sont avérés faux. La Syrie et ses amis libanais exigent un gouvernement de confrontation et non pas de salut.

 

As Safir (15 avril 2011)

Nabil Haitham

La Syrie se sent poignardée dans le dos par le Liban, ou du moins une partie des Libanais, à un moment où elle traverse une rude épreuve, la plus difficile sans doute depuis des décennies. L’accusation officielle syrienne contre le député du Bloc du Futur, Jamal Jarrah, pourrait n’être que la partie visible de l’iceberg. Dans ce cas, les relations syro-libanaises, mais aussi syro-saoudiennes, risquent d’être gravement affectées. Les accusations syriennes sont un message de mise en garde adressé à plusieurs parties, libanaises et autres.

 

Al Hayat (Quotidien saoudien édité à Londres-11 avril 2011)

Walid Choucair

Damas et le Hezbollah ont pensé qu'il serait facile de renverser la majorité et de créer une nouvelle formule qui exclurait Hariri et ses alliés. Mais plusieurs facteurs ont constitué des obstacles à cet objectif. Les dirigeants saoudiens étaient en colère contre l'effondrement de leur accord avec les Syriens sur le Liban. En outre, des pays médiateurs, en particulier la Turquie et le Qatar, qui ont échoué à sauver ce qui pouvait l’être, n’ont pas caché aux dirigeants syriens leur mécontentement concernant l’enterrement de cet accord. Avec lui, c’est Hariri et les relations indispensables entre Riyad et Damas qui ont été enterrés. Les atermoiements de la Syrie, consécutifs aux changements régionaux, ont conduit le royaume à se détourner des affaires libanaises. Le comportement de l’Iran n'a pas aidé la Syrie. La réaction négative dans le monde arabe à la façon dont Téhéran a tenté d’exploiter les troubles en cours à son avantage est intervenue à un moment où les dirigeants syriens ont besoin d’un minimum de bonnes relations et de normalisation compte tenu de la nouvelle situation dans les pays arabes.

 

Al Hayat (10 avril 2011)

Randa Takieddine

Si le nouveau gouvernement libanais compte transgresser les accords internationaux, il sera dans le collimateur de la France et de l’Europe, mais aussi des pays arabes en raison de la politique iranienne dans la région depuis les évènements du Bahreïn. Dans un climat confessionnel compliqué, les actions du gouvernement libanais seront suivies de près, que ce soit au niveau du respect de la constitution et des accords internationaux, c'est-à-dire l’accord de Taëf et le TSL, ou au niveau de la politique intérieure et des relations avec les pays arabes voisins. La France appelle à déployer des efforts supplémentaires pour aider la Finul, en augmentant le nombre d’unités de l’armée libanaise déployées au Sud, étant donné que la mission de la Finul est de faciliter le redéploiement de l’armée au Sud et non pas de remplacer l’armée. Paris estime que la situation politique au Liban est compliquée. Depuis que le Hezbollah a renversé l’équation et écarté Saad Hariri du pouvoir pour nommer à sa place Najib Mikati, ce dernier n’a pas pu former un gouvernement. La France, qui a tenu des concertations la semaine dernière avec des pays amis autour de la situation au Liban, a donné une lecture optimiste de la situation: le Hezbollah qui a cru pouvoir imposer un fait accompli par le renversement du gouvernement Hariri, est aujourd’hui confronté à un problème. C’est la première fois qu’il se retrouve aux commandes mais il a été incapable d’imposer facilement un fait accompli. La France est satisfaite qu’il n’y ait pas eu de recours à la force jusqu’à présent. De plus, la Syrie se trouve dans une situation interne difficile. Le Hezbollah ne peut pas retirer son soutien à la candidature de Mikati qui a une représentativité parmi les sunnites de 20% au maximum. Le Premier ministre désigné répète devant les responsables occidentaux qu’il n’est pas le candidat du Hezbollah, qu’il ne veut pas former un gouvernement monochrome et qu’il a eu tort de ne pas former un cabinet de technocrates immédiatement après sa désignation parce qu’aujourd’hui, c’est à dire trois mois plus tard, cela semble impossible. Mikati fait face aujourd’hui à de nombreux problèmes posés par la nouvelle majorité. Ces difficultés ne concernent pas l’opposition du 14 Mars. Le général Aoun veut un tiers de blocage, le président Sleiman veut préserver certains portefeuilles ministériels. Quant au député Walid Joumblatt, il n’est pas rassuré par la situation, selon Paris. Il ne se retrouve pas historiquement et culturellement avec ses anciens alliés du 14-Mars. Il ne se retrouve pas non plus avec ses alliés actuels. Il est par ailleurs très inquiet de la rupture totale du dialogue et du contact entre les sunnites et les chiites et cela est très dangereux à son avis. Paris estime que le général Aoun est hanté par l’idée de se venger de Michel Sleiman, Samir Geagea et Saad Hariri, et n’a rien à proposer que le blocage, selon les responsables français et européens. Des sources françaises estiment que le moment viendra où il y aura un changement dans la situation bloquée au Liban. Une certaine menace pourrait provoquer des réactions avec un possible recours à la violence, ou la situation restera indécise en raison de l’incertitude qui plane sur la Syrie où les développements ont un impact essentiel sur l’équilibre régional, selon la France. Paris ne croit pas que le régime syrien soit menacé, mais «il y a une certaine inquiétude et une crainte des évènements.

 

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars)

Scarlett Haddad (15 avril 2011)

Le Liban qui se plaint depuis longtemps des ingérences syriennes dans ses affaires internes serait impliqué dans les troubles actuels en Syrie! Ce ne sont plus les propos filmés plus ou moins crédibles de deux personnes en principe arrêtées par les autorités syriennes et qui seraient passées aux aveux, mais une déclaration officielle de l'ambassadeur de Syrie au Liban Ali Abdel Karim Ali au quotidien online du Hezbollah al-Intiqad qui estime que l'implication de responsables du Courant du futur est avérée et qu'elle constitue une violation des dispositions de l'accord de Taëf. Par conséquent, ces faits, selon lui, exigent une réaction de la part des autorités libanaises.

Les Libanais n'avaient en tout cas pas besoin de ce développement pour suivre de près ce qui se passe en Syrie, tant ils restent convaincus, tous bords confondus, de l'importance pour leur propre pays de tout changement dans ce pays voisin. Avec l'annonce hier de la formation du nouveau gouvernement syrien, il semblerait que le pouvoir syrien serait en train de reprendre la situation en main, dans un mélange de réformes annoncées et de déploiement de force. Mais rien n'est encore définitivement dit (…)  Selon des spécialistes de la Syrie, une grande partie des manifestants est certainement motivée par le désir de liberté et de démocratie. Mais cela ne signifie pas que l'existence d'un complot contre le régime soit totalement à écarter.

Vraies ou fausses, les accusations portées par les autorités syriennes contre des responsables du Courant du futur seraient donc un message adressé aux Saoudiens.

 

L’Orient-Le Jour (14 avril 2011)

Les attaques contre le député Jamal Jarrah -accusé par les autorités de Damas d'avoir fourni des armes et de l'argent, par le biais des Frères musulmans syriens, à un présumé «réseau terroriste» syrien qui serait en train «d'inciter à des manifestations et au renversement du régime»- ont déclenché une série de réactions dans les milieux du Courant du futur. Premier concerné, Jamal Jarrah a immédiatement démenti les allégations des médias syriens. «Nous n'avons ni la capacité ni la volonté d'intervenir dans les affaires syriennes, et nous appelons toujours la Syrie à ne pas intervenir dans nos affaires internes», a indiqué M. Jarrah dans une réaction à la Future News.

L'ancien ministre Abdel Rahim Mrad a appelé à «des sanctions contre ceux qui ont œuvré pour semer le trouble en Syrie à partir du Liban, conformément aux accords sécuritaires en vigueur et à l'accord de Taëf», au cours d'une réunion de partis nassériens. Durant la même réunion, le général à la retraite Moustapha Hamdane a estimé que ce qui a été diffusé par les médias syriens ne constitue «qu'une petite partie de ce qui sera diffusé ultérieurement concernant ces ingérences menées par le directoire du Courant du futur». «Ce qui sera révélé dans les prochains jours concernant ces ingérences visant à détruire l'intérieur syrien est extrêmement grave», a-t-il dit, mettant en garde contre «les répercussions de ces ingérences sur le Liban». M. Hamdane devait par la suite accuser directement le Premier ministre sortant Saad Hariri de «semer le chaos et la discorde en territoire syrien». «Les jours prochains montreront son implication», a-t-il dit.

Le vice-président du Parti syrien national social (PSNS), Toufic Mehanna, a indiqué que le 14-Mars mène la guerre dans toutes les directions -contre la résistance libanaise, par le biais de la discorde, contre la Syrie dans le cadre d'un dangereux complot, et contre l'Iran. Mais il ne voit pas l'ennemi israélien qui occupe le territoire libanais et viole la souveraineté et les richesses du Liban, ainsi que la terre de Palestine.»

 

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité-14 avril 2011)

Afif Diab

Jamal Jarrah est un arriviste qui entretenait des liens étroits avec les services de renseignements syriens puis américains, et des liens financiers suspects avec des responsables syriens. Sa relation avec Rafic Hariri était tendue depuis 2004. Il doit son entrée au Parlement en 2005 à l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam. Samir Geagea et Fouad Siniora ont réussi à redorer son blason auprès de Saad Hariri. Jamal Jarrah est l’oncle de Ziad Jarrah, impliqué dans les attentas du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Des personnalités du 8-Mars estiment que «malheureusement, Jarrah se transformera aux yeux de l’opinion publique du Courant du Futur en héros révolutionnaire capable de renverser des régimes et cela n’est pas dans notre intérêt politique». Il est incapable de rassembler «deux ou trois personnes au sein d’un parti politique ou d’un organisme sécuritaire. Par conséquent, la vraie cible c’est Saad Hariri et le Courant du Futur. Jarrah est le maillon faible qui permet d’atteindre l’objectif escompté, en raison de ses liens étroits avec Abdel Halim Khaddam et de ses liens sécuritaires avec les SR syriens dans un premier temps, puis américains par la suite».

 

New York Times (Quotidien américain-11 avril 2011)

Josh Wood

Alors que les manifestants anti-gouvernementaux continuent leur lutte contre le régime de Bachar al-Assad dans les rues de Deraa, Lattaquié, Damas et d'autres villes syriennes, Rami, un dissident de 20 ans  en exil, livre son combat derrière un écran d'ordinateur dans un appartement de Beyrouth-Est. A seulement 110 kilomètres de la capitale syrienne, Beyrouth a longtemps été un point de transit pour les Syriens en délicatesse avec leur régime. Aujourd'hui, certains exilés comme Rami sont lourdement armés. Un numéro de téléphone cellulaire local, une connexion Internet, et les comptes Skype et Facebook sont tous les outils dont ils ont besoin pour continuer à mener le front de l’opposition. En l'absence des journalistes, des gens comme Rami ont été chargés de diffuser une grande partie des nouvelles en provenance du pays. Chaque jour, il recueille les déclarations de ses contacts restés en Syrie et transmet ces informations aux médias internationaux. Craignant que le contact direct avec les médias étrangers puisse aider la police secrète syrienne à les repérer, Rami explique que la plupart de ses contacts ne réponde qu’à ses coups de fil.

 

Time Magazine (Hebdomadaire américain-11 avril 2011)

Nicholas Blanford

Pour la plupart des pays, l'existence d'un immense gisement de combustibles fossiles sur son territoire souverain serait accueillie avec reconnaissance comme une aubaine écono-mique. Mais la joie en Israël de la découverte récente de ces gisements de gaz au large de ses côtes nord est tempérée par le fait qu'il pourrait fournir l'étincelle pour enflammer la prochaine guerre entre l'Etat juif et son ennemi mortel du nord, le Hezbollah chiite. Les enjeux sont énormes. Le Liban et Israël ont actuellement peu ou pas de gisements propres de gaz, et sont dépendants des pays voisins pour l'importation de combustible et d'électricité. Israël repose actuellement sur l'Egypte pour une grande partie de son gaz, mais la durabilité de cet arrangement est mise en suspens après la chute du régime de Hosni Moubarak. Le pipeline de gaz égyptien vers Israël et la Jordanie a été dynamitée en janvier et n'a recommencé à fonctionner qu’il y a quelques semaines. La clé de cette tension repose sur le fait que la frontière maritime entre Israël et le Liban n'a jamais été délimitée parce que les deux Etats sont toujours techniquement en guerre.

 

 

La tendance dans le monde arabe

 

                                                               

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

 

 

 

 

 

Le vendredi sans mort ni blessé en Syrie déçoit les médias et les «témoins oculaires»

 

Vendredi 15 avril, il n’y a eu aucun mort ni blessé parmi les manifestants en Syrie. La seule victime est un agent des forces de sécurité tué par les protestataires dans la ville de Homs. Cette journée sans victime fait suite aux rencontres entre le président Bachar el-Assad et de nombreuses délégations de notables de Deraa et d’autres régions qui connaissent des remous, et sa décision de libérer tous les détenus des derniers événements, à l’exception de ceux qui ont commis des crimes.

Les correspondants de certaines agences de presse étrangères à Beyrouth ont rapporté que les «activistes», qui véhiculent d’habitude les informations, étaient démoralisés recherchaient désespérément, vendredi après-midi, une histoire de coups de feu dans une ville ou un village syrien. Certains ont exprimé leur déception à cause du calme qui a régné, au lieu d’être content qu’aucune goutte de sang n’ait été versée suite aux instructions données par le président Assad de ne pas ouvrir le feu contre les manifestants pacifiques. Dans le même temps, les rencontres entre le chef de l’Etat et les notables ont permis d’isoler les fauteurs de troubles et les saboteurs, ainsi que ceux qui s’infiltrent entre les manifestants pacifiques pour provoquer des heurts avec les forces de l’ordre avant de prendre la fuite pour regarder de loin les morts tomber et faire des filmes pour les envoyer à leurs employeurs à l’extérieur des frontières.       

Vendredi a été précédé d’appels par le biais des réseaux sociaux à des manifestations «millioniennes» mardi et jeudi. Mais quasiment personne n’y a répondu. Ce n’est que le vendredi après la prière que des manifestations ont eu lieu à la sortie des mosquées. Al-Jazeera a avancé le chiffre d’un million de manifestants dans les rues. Mais en additionnant les chiffres fournis par la chaine qatarie conformément à des «témoins oculaires» et des «activistes», et en le multipliant par deux, on arrive au nombre de… 80 mille manifestants.

Pour tenter d’inciter les gens à descendre dans la rue, Al-Jazeera et Al-Arabiya ont diffusé, vendredi vers midi, c'est-à-dire juste avant la fin de la prière, une vidéo soi-disant prise dans le village de Baida, près de Banias, où on y voit des hommes armés en train de maltraiter des jeunes allongés sur le ventre et les mains liés derrière le dos. On y entend des voix ayant l’accent-type des alaouites.

Le visionnage de cette vidéo permet d’y découvrir un soldat portant un uniforme et un casque ressemblant à ceux de l’armée américaine. Ensuite, la télévision syrienne a montré que la place qui y apparait n’est pas celle de Baida. Il s’agit vraisemblablement d’un film fabriqué en dehors de Syrie dans le cadre de la propagande et de la guerre des images menées pour inciter les Syriens à manifester contre leur régime.

Il est clair que ces chaines font partie du vaste dispositif mobilisé pour déstabiliser la Syrie. Mais la direction syrienne a pris la décision d’autoriser les manifestations pacifiques partout dans le pays, pour permettre aux gens de s’exprimer. Dans le même temps, le président va accélérer les réformes politiques, économiques et administratives, pour moderniser le pays et l’aider à sortir de cette crise dont le but et de pousser le pouvoir syrien à rechercher la protection des Etats-Unis et du Golfe en contrepartie de son éloignement des mouvements de résistance et de l’Iran. Mais Damas, qui a déjà traversé, en 2005, une situation encore plus difficile, n’a jamais accepté de renier ses principes.

Elle ne le fera pas aujourd’hui.   

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Evénements

 

Syrie

Extraits de l’allocution de Bachar el-Assad devant son gouvernement, samedi 16 avril

«Il y a un problème de communication entre l’Etat et les citoyen. Cette communication doit se baser sur la confiance qui doit être renforcée et doit se fonder sur la transparence. Le sang versé nous fait beaucoup de peine (...). Nous regrettons la mort de toutes les personnes, civils ou membres des forces de sécurité, et les considérons comme des martyrs de la patrie (…) La loi d'urgence sera abolie dans une semaine au plus tard. La commission juridique sur la loi d'urgence a élaboré une série de propositions en vue d'une nouvelle législation. Ces propositions seront soumises au gouvernement qui promulguera des lois dans une semaine maximum. Certains pensent que la levée de la loi d’urgence va provoquer un état d’insécurité. Moi je pense le contraire. Elle la renforcera et préservera en même temps la dignité des citoyens (…). Nous garantiront le droit à manifester pacifiquement aux gens et nous formerons la police de manière à ce qu’elle encadre les manifestants (…) Le gouvernement doit également élaborer une loi sur les partis qui devrait être le fruit d’un dialogue national afin de voir qu’elle est le modèle qui convient le mieux à la Syrie. Au menu aussi une nouvelle loi sur les collectivités locales et un code électoral ainsi qu’une loi moderne sur les médias. Il faut fixer un calendrier pour chaque projet et informer les gens des dates et des délais, sans leur donner de faux espoirs.»

 

Gaza

Une flottille internationale regroupant des activistes de cinquante pays doit acheminer d'ici fin mai un convoi d'aide humanitaire à Gaza, un an après une première tentative qui s'était soldée en 2010 par un raid israélien meurtrier. «Les préparatifs sont en bonne voie, les conditions adéquates pour le départ des bateaux seront remplies d'ici fin mai», a indiqué un représentant de l'organisation grecque Un bateau pour Gaza, au cours d'une conférence de presse à Athènes. Les organisateurs n'ont annoncé ni le nombre de bateaux concernés ni leur lieu de départ, se bornant à dire que la flottille appareillerait «d'un pays en Méditerranée». Le 31 mai 2010, une première opération du même type s'est terminée de façon dramatique lorsque le ferry turc Mavi Marmara l'un des six bateaux qui transportaient une aide humanitaire destinée à Gaza avec 700 militants pro-Palestiniens à bord a été pris d'assaut dans les eaux internationales par l'armée israélienne, qui a tué neuf militants turcs. Cette opération avait soulevé de nombreuses condamnations dans le monde, et provoqué un coup de froid dans les relations turco-israéliennes. Le Mavi Marmara va de nouveau se joindre à la flottille cette année. Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, a immédiatement demandé à l'Union européenne d'empêcher l'envoi de cette flottille. «Il ne s'agit pas d'une flottille de paix mais d'une provocation délibérée, visant à mettre le feu aux poudres dans cette partie de la région», a-t-il déclaré.

 

 

 

 

  
neworientnews


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