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TENDANCES DE L’ORIENT
TENDANCES DE L’ORIENT no 21
 
 

La tendance générale

 

 

La nécessité d’une révolution culturelle

 

Les développements rapides dans le monde arabe obligent de nombreux écrivains et journalistes à changer de masques pour s’adapter le plus vite possible aux changements qui s’accélèrent. Ce revirement montre la légèreté de ces hommes et prouve leur mentalité de mercenaires au service des grands empires médiatiques liés aux Etats-Unis et financés par les pétrodollars.    

Ces empires médiatiques de la presse écrite et de l’audiovisuel ont recruté, dès les années 70 du siècle dernier, une armée de salariés affublés des titres d’«écrivains», d’«intellectuels» ou de «penseurs», qui avaient principalement pour mission de défendre les accords de paix israélo-égyptiens de Camp David et de répandre la culture du désespoir et de la résignation chez les peuples arabes, en affirmant que tout changement de la réalité ambiante est impossible. Ces mercenaires de la plume ont plaidé pour la «culture de la paix» et ont distribué les qualificatifs de «sage» et de «réaliste» à la direction de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) lorsqu’elle a décidé de jeter les armes. Ces mêmes «intellectuels» n’ont pas raté une occasion de s’en prendre à la politique syrienne et de dénigrer les choix stratégiques de Damas, basés sur le soutien aux mouvements de résistance. Ils n’ont pas hésité, non plus, à exacerber les tensions sectaires, notamment entre sunnites et chiites, pour atténuer l’impact de la victoire du Hezbollah sur Israël en l’an 2000 et surtout en 2006. Alors que l’Etat hébreu reconnaissait sa défaite et formait la commission Winograd pour tirer les leçons de la guerre de 2006, ces plumes ignoraient cette grande réalisation et s’interrogeaient sournoisement sur le calme qui règne au Golan, tandis qu’ils restaient silencieux au sujet du blocus inhumain imposé à Gaza.

Cette armée de mercenaire a adopté, dès le départ, une position hostile à l’égard de la révolution islamique iranienne et mis en doute la pertinence et l’efficacité de l’alliance stratégique construite par la Syrie avec l’Iran. Les voilà qu’ils applaudissent à la guerre lancée par l’Irak contre la jeune République islamique, conformément à un plan américain visant à affaiblir en même temps les Arabes et les Iraniens et à empêcher l’émergence d’un pôle régional hostile à Israël. On les voit ensuite se retourner contre l’ancien président irakien Saddam Hussein après avoir profité pendant des années de ses largesses.

Ce gang de profiteurs, d’arrivistes et d’opportunistes, qui a prêché pour la démocratie de George Bush après l’occupation de Bagdad, a parié sur la chute de la Syrie, l’occupation du Liban et l’écrasement de Gaza, et n’a eu de cesse d’encenser Saad Hariri et Mahmoud Abbas. Il a aussi entouré de doutes l’attitude nouvelle de la Turquie dans le but d’affaiblir la position d’Ankara qui constitue une grande source d’embarras pour les pays arabes dits «modérés». Et ne cesse de déplorer l’inexistence d’un partenaire arabe pour la Turquie, ignorant hypocritement le rôle de la Syrie dans la constitution de ce nouvel ordre régional anti-israélien et anti-américain. Les membres de ce gang d’«intellectuels» ont, en outre, déployé des efforts colossaux pour tenter de torpiller le rapprochement entre le roi Abdallah Ben Abdel Aziz et le président syrien Bachar al-Assad.

Après la chute de Hosni Moubarak, ces mercenaires lui sont tombés dessus, alors que pendant des décennies ils présentaient le président égyptien comme le champion du «réalisme et du pragmatisme».       

Cette trempe d’«écrivains» prêche la démocratie partout, à l’exception du pays qui les finance, l’Arabie saoudite. Là-bas, ils dénoncent toute manifestation, lui trouvent mille et un défauts et prônent la stabilité et la sécurité avant la liberté, tandis qu’ils appellent la population syrienne à manifester contre son régime, dont ils prédisaient la chute il y a six ans, et n’hésitent pas à emprunter dans le lexique israélien le vocabulaire le plus dur à l’égard du Hezbollah.

Cette caste d’«intellectuels» arabes reste béate devant la «démocratie d’Israël», faisant semblant de ne pas voir l’apartheidisation galopante de la société israélienne et la judaïsation accélérée de la Cisjordanie et de Jérusalem.

Cette clique de marchands du verbe et de la parole doit être balayée en premier lieu par les révolutions arabes pour nettoyer le paysage médiatique de cette élite vendue qui a œuvré pendant des années à démoraliser les Arabes et à véhiculer les valeurs de leurs ennemis.     

 

         

La tendance au Liban

 

 

 

Hariri joue le cheval perdant américain

 

Saad Hariri n’a pas osé démentir le contenu du document brandi par le leader druze Walid Joumblatt dans sa célèbre conférence de presse, le lundi 23 janvier. Le Premier ministre sortant s’est contenté de dire qu’il n’avait pas signé un tel accord, sans nier le fait que le document montré par Joumblatt était une liste de demandes qu’il avait lui-même transmise aux ministres turc et qatari des Affaires étrangères lors d’une médiation à Beyrouth pour tenter de sauver l’accord syro-saoudien que Hariri a torpillé à la demande des Etats-Unis.

Ce document contient en fait une liste de demandes de Saad Hariri adressées à l’ancienne opposition libanaise.

1-La proposition de Saad Hariri repose sur le principe de la déconnection entre le Liban et le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) en contrepartie d’une garantie pour son maintien au pouvoir avec les membres de son équipe politique, sécuritaire, judiciaire et économique. Si les domaines de l’économie et des affaires étrangères lui sont confiés, il se déclare prêt à ne pas toucher aux armes de la Résistance. En d’autres termes, Saad Hariri était disposé à vendre le TSL et à continuer à légitimer la Résistance en contrepartie d’une quantité d’intérêts et d’influence pour lui, son équipe et ses alliés, et d’une garantie de la poursuite de son hégémonie sur la politique économique du pays. Il s’agit d’une transaction de vente et d’achat que les Américains lui ont interdit de signer avant que l’ancienne opposition ne donne son appréciation.      

Saad Hariri a donc vendu le TSL, puis a vendu aux Américains sa nouvelle position hostile aux armes de la Résistance sous les mêmes conditions: c'est-à-dire son retour aux affaires. Mais ce retour reste hypothétique et la promesse américaine ne peut se concrétiser que si les Etats-Unis et Israël réussissent à briser la Résistance libanaise soit à travers le TSL, soit à travers une guerre israélienne qui commencerait contre la Syrie dans les prochains mois, comme il en est de plus en plus question.

2-Certains inscrivent l’escalade verbale de Saad Hariri contre la Résistance dans le cadre de la mobilisation en prévision du meeting populaire prévu le 13 mars avec ses alliés chrétiens Samir Geagea et Amine Gemayel. C’est en partie vrai. Mais cette escalade sans précédent a d’autres dimensions apparues lors des discours des ténors du 14-Mars au Biel, le 14 février, et confirmées par la visite à Beyrouth de deux sénateurs américains connus pour leur extrémisme, Joseph Liebermann et John McCain.

Ces six dernières années, le 14-Mars a prouvé que toute son action était étroitement liée aux plans américains au Moyen-Orient. Son stratège, Samir Geagea, ne s’en est d’ailleurs jamais caché. Et les Etats-Unis avaient confié à leurs amis arabes «modérés», l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Jordanie, la tâche de parrainer et de couver les forces du 14-Mars au Liban. A cela s’accompagne l’action du TSL, avec toute la controverse qui l’entoure et les zones d’ombres qui ont entaché l’enquête Hariri.

3-Dans le contexte régional actuel, le soutien multiforme apporté par l’Egypte et la Jordanie à Hariri et à ses alliés a presque disparu. Le premier pays est occupé, et pour longtemps, par la refondation du régime, et le second est paralysé par la crise politique qui le secoue. Mahmoud Abbas aussi n’est plus d’aucun soutien, car il a peur pour son propre avenir politique à court terme. L’Arabie saoudite, encerclée de toutes parts par des pays en proie à des crises, est occupée à revoir ses priorités pour éviter une explosion populaire.

Sachant que Saad Hariri a toujours compté sur un appui extérieur dans ses décisions internes au Liban, et à la lumière des revers qu’il a subi ces dernières années en dépit du soutien exceptionnel de la part de l’Occident et des Arabes «modérés», les experts se demandent sur quoi s’est basé le Premier ministre sortant pour procéder à cette nouvelle escalade contre la Résistance.

4-Pour empocher le prix de ses nouvelles positions, Saad Hariri ne peut parier que sur une guerre israélo-américaine contre la Résistance, qui a pris une forme nouvelle à travers le TSL qui servira de prétexte à une série de résolutions et de sanctions politiques et financières contre le Hezbollah et contre les forces régionales qui le soutiennent. En parallèle, le 14-Mars intensifiera sa campagne contre les armes de la Résistance, préparant ainsi le terrain à une confrontation interne.

Le pari israélo-américain est que le 14-Mars ne répètera pas l’erreur de 2006, lorsqu’il n’avait pas osé accompagner l’offensive israélienne par un mouvement interne contre le Hezbollah. Le 14-mars doit prendre l’initiative d’encercler la Résistance politiquement et moralement, de manière à ce qu’Israël trouve un terrain propice à l’isolement du Hezbollah en cas de nouvelle guerre. Une guerre que les Israéliens préparent minutieusement depuis 5 ans à travers des dizaines de manœuvres.

5-Saad Hariri ne se soucie guerre de la vérité et de la justice dans l’affaire de l’assassinat de son père. Il a proposé de vendre le TSL dans le cadre d’un compromis interne avant de le vendre à des puissances étrangères, notamment en cautionnant l’utilisation de ce tribunal par les Américains contre la Résistance en contrepartie de son retour au pouvoir.

Le Premier ministre sortant va en pèlerinage aux Etats-Unis alors que des régimes arabes reviennent de ce long voyage avec une grande déception.

Depuis l’occupation de l’Irak, tous les paris des Etats-Unis ont échoué, non sans avoir causé des conflits sanglants et un grand nombre de morts, de blessés et de déplacés. Malgré cela, Saad Hariri, qui semble avoir perdu l’esprit après sa sortie du pouvoir, a choisi de jouer ce cheval perdant.

       

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Déclarations et prises de positions

 

Saad Hariri, Premier ministre sortant

«J’ai essayé d’œuvrer pour un gouvernement d’union nationale qui repose sur certaines bases, en tête desquelles la réconciliation et le véritable partenariat, mais l’autre camp n’a rien fait pour faire réussir ce partenariat. Je ne suis un homme qui baisse les bras. Le président Rafic Hariri a protégé la résistance, et moi je l’ai protégée à mon tour. Mais je ne suis plus prêt à le faire après qu’elle fut devenue une arme brandie à la face des Libanais. Devrais-je être le partenaire d’armes brandies à la face des Libanais? Il n’y aura pas de marche arrière sur la question des armes, ni sur celle du tribunal, car le pays ne saura se redresser tant qu’une partie détiendra des armes.»

 

Walid Joumblatt, leader druze

«Il y en a qui cherchent à entraver l’action de Najib Mikati coûte que coûte, en usant de tous les moyens possibles, à tout prix, afin qu’il ne mène pas à bien sa mission. J’appelle de nouveau les uns et les autres à bien regarder la réalité qui est la nôtre, parce qu’avec un peu de solidarité et de logique, et pour peu qu’on accepte le principe d’alternance du pouvoir, nous pourrons affronter toutes les échéances. Les tentatives de certains de pousser en faveur du Chapitre VII sont des calculs destructeurs, avec des retombées très négatives sur le Liban. Nul ne doit oublier que la résolution 1559 a dans une certaine mesure placé le Liban sous une tutelle internationale. Il faut faire attention. C’est très dangereux. Pourquoi le TSL se met-il subitement à réclamer les empreintes de quatre millions de Libanais et toutes les données relatives aux communications téléphoniques de tous les Libanais, effectuées au Liban depuis 2004? Pourquoi demande-t-il tout cela maintenant? L’objectif est-il de placer le Liban sous une tutelle internationale absolue? Ils ont bien fait, les ministres concernés en refusant de répondre à quelque chose qui ne concerne pas le sujet de l’enquête. S’il y a quelque chose de particulier concernant l’enquête, qu’on nous le dise. Mais je crains que tout soit devenu permis parce que certains refusent d’accepter l’alternance au pouvoir.»

 

Ghazi Aridi, ministre des Transports et des TP, membre du bloc Joumblatt

«J’ai reçu il y a quelque temps une demande de la commission d'enquête internationale dans l’affaire Hariri, qui souhaitait avoir un entretien avec le directeur général des Transports terrestres et maritimes. J’ai immédiatement répondu favorablement à cette demande. L'entretien a donc eu lieu. Cependant, j’ai découvert par la suite que la teneur de l'entretien n'avait pas été conforme à celle de la demande, comme s'il s'agissait de mener un interrogatoire sur l'ensemble des activités de la direction des Transports. J'ai alors dit au directeur des Transports que je refuse désormais que les choses se passent de cette manière et que cela n'a rien à voir avec les activités du TSL. Voilà pourquoi j'ai longtemps hésité lorsqu'une seconde demande m'est parvenue et je n'ai plus donné mon approbation. J'espère que les choses s'arrêteront là. Il n'est pas vrai que j'exécute une décision politique. Mon comportement après l'assassinat de Rafic Hariri n'a été caractérisé que par la fidélité aux valeurs qu'il incarnait. Je n'exécute les demandes de personne et je ne cherche à complaire à personne aux dépens de l'affaire Hariri. Simplement, je n'accepte pas qu'il y ait des abus dans une institution dont je suis responsable.»

 

Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah

«Ce qui se passe au niveau de l'enquête internationale est la plus grande forme de tutelle et de piraterie qu'a connu le Liban dans son histoire. Pourquoi le procureur général du TSL Daniel Bellemare réclame les données des télécoms et les empreintes de tous les libanais 7 ans après le début de sur l'enquête et après la remise de l'acte d'accusation au juge de la mise en état Daniel Fransen. Ces agissement suscitent de nombreuses questions parmi les libanais et renforcent les doutes sur le tribunal. Les demandes de Bellemare sont incompatibles avec les règles et protocoles auxquels il prétend respecter. Le comportement du procureur constitue une violation de la souveraineté nationale et des libertés individuelles garanties par la constitution. Le Liban est à découvert après que les enquêteurs aient réclamé toutes les informations sur son peuple et ses institutions (…) Est-ce que le peuple libanais sait que parmi l'équipe du procureur général se trouvent des employés de différentes nationalités, américaine, britannique, allemande, et même du Kazakhistan et dont nous connaissons les intentions et leur dépendance à l’égard des services de renseignements internationaux hostiles à la Résistance. Il n'est plus acceptable que le pays soit violé. Nous appelons tous les hommes libres et les patriotes qu'ils soient ministres, directeurs ou citoyens, à ne pas coopérer avec les demandes du TSL qui constituent un abus de la loi et une violation de la souveraineté du Liban.»

 

Samir Geagea, chef chrétien allié de Saad Hariri

«La ligne de conduite du Hezbollah fausse toute la donne au niveau de la vie politique au Liban. La décision stratégique n'est pas entre les mains de l'État, et les armes qui échappent au contrôle de la légalité peuvent être utilisées à n'importe quel moment pour torpiller le jeu démocratique, comme cela s'est produit depuis un mois et demi. Nous avons participé au gouvernement et nous avions un Premier ministre (du 14 Mars), mais à l'ombre des armes du Hezbollah, nous n'avons rien pu faire, car il est inutile d'avoir la légalité constitutionnelle alors que le pouvoir effectif est ailleurs. Notre confrontation vise à faire face à une situation anormale due à la présence d'un mini-État au sein de l'État libanais. L'Etat ne peut se redresser en présence du mini-État du Hezbollah, d'une part, et à l'ombre de l'influence que la Syrie tente de rétablir au Liban, d'autre part (…) Nous ne pouvons pas accepter la présence d'un mini-État, ni la présence d'une armée autre que l'Armée libanaise. Nous rejetons la présence d'un arsenal militaire dirigé contre nous et refusons que quiconque nous impose ce que nous devons faire. La résistance contre Israël relève de la responsabilité de l'État libanais. Contrairement à ce que pense le Hezbollah, l'Armée libanaise possède un potentiel militaire, en effectifs et en équipements, supérieur à celui du Hezbollah. Il faut laisser le champ libre à l'armée afin que l'État libanais et ses institutions prennent en charge la résistance contre Israël. Plus de la moitié des Libanais sont opposés aux armes du Hezbollah, comme l'ont démontré les résultats des élections de 2009 qui ont été placées sous le thème de l'appui ou de l'opposition aux armes du Hezbollah.»

 

Communiqué du Mouvement du 14-Mars (Extraits)

«Le procédé utilisé par le 8 Mars (Le Hezbollah et ses alliés, ndlr) pour renverser le gouvernement d'union nationale, le climat d'intimidation par les armes, puis la terreur qui a accompagné les consultations parlementaires ont confirmé les suspicions à l'égard de la volonté du 8 Mars de consacrer son coup d'Etat et de faire échec à toutes les tentatives en vue de former un gouvernement équilibré. Le processus de formation du gouvernement a sombré sous des conditions rédhibitoires et des entraves qui violent les principes et les us constitutionnels et qui sont contraires aux constantes des forces du 14 Mars. Celles-ci s'étaient battues pour que ces constantes soient concrétisées avec la révolution du Cèdre et avaient payé pour cela le prix du sang. Il s'agissait pour le 14 Mars de défendre les dispositions de la Constitution et de préserver l'unité nationale, la vie commune et la démocratie parlementaire, qui protège les libertés et les droits des citoyens. Nous avons aussi réclamé que justice soit faite et qu'un terme soit mis aux crimes terroristes, en demeurant attachés au Tribunal spécial pour le Liban. Nous voulons également en finir avec les armes sortant du cadre de la légalité étatique. Ces armes se trouvent partout dans les rues, les villes et les villages. Elles se sont transformées en outils de troubles menaçant les libertés et les vies ainsi que la sécurité du pays et sa stabilité (…) Décidés à affronter le putsch et à lui faire échec et conscients de l'incapacité du Premier ministre désigné à formuler des réponses claires, les députés réunis ont donc décidé de ne pas participer au prochain cabinet et de lancer une opposition pacifique et démocratique pour défendre la République et protéger la Constitution.»

 

Presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité-04 mars 2011)

Les demandes du procureur général du TSL Daniel Bellemare à certains ministères libanais n’étaient guère surprenantes: il avait présenté la plupart d’entre elles au mois de septembre dernier, et la réponse négative de certains des ministères concernés était bien connue du chef du gouvernement d’alors, Saad Hariri, qui n’a pas soulevé la question aux plans politique et médiatique. Il faut dire qu’à l’époque, l’apaisement était le maître mot, des démarches saoudo-syriennes étant à l’œuvre pour régler le problème de l’acte d’accusation.

Ce qui est surprenant, par contre, c’est que directement après la démission du gouvernement de Hariri, et au moment où l’acte d’accusation était soumis par Bellemare au juge de la mise en état Daniel Fransen, le bureau du procureur général s’est subitement souvenu de ces requêtes et les a renouvelées, l’une après l’autre, et de manière bien suspecte. Il est en effet apparu que des parties influentes du camp du 14 Mars l’incitaient à le faire, pour se venger du Hezbollah après la démission du gouvernement de Saad Hariri. Le procureur général de la Cour de Cassation, le magistrat Saïd Mirza, était chargé de transférer ces requêtes aux ministères concernés, alors que le Premier ministre sortant faisait figure de simple fonctionnaire au bureau de Bellemare et prévenait que toute entrave à l’enquête internationale serait une tentative d’occulter des preuves devant être soumises au TSL et pourrait donc donner lieu à des poursuites sous le Chapitre VII.

C’est d’autant plus suspect que Bellemare avait obtenu ce qu’il demandait, de manière informelle, grâce à certains services officiels, qu’il s’agisse des empreintes (ministère de l’Intérieur), des informations sur l’immatriculation des yachts aux ports de Jounié et de Beyrouth (ministère des Travaux Publics), des données des télécommunications, ou de certains documents officiels du ministère de l’Energie et de l’Eau (plus précisément l’Electricité du Liban). Il voulait toutefois que les documents en sa possession portent la signature officielle des ministres concernés… Les enquêteurs au bureau de Bellemare n’avaient qu’un seul «refrain» en tête: surveiller certains cadres du dispositif de sécurité de la Résistance, dans le prolongement de l’incident survenu dans un cabinet de gynécologie dans la banlieue sud de la capitale… le tout allant bien sûr dans le sens des accusations toutes prêtes contre le Hezbollah.

Depuis que Hariri a déclaré la guerre aux armes de la résistance, il a également visé «l’axe des ministères qui refusent de coopérer avec le TSL», et ce en laissant filtrer les requêtes de Bellemare à la presse pour arriver en fin de compte à une révélation dangereuse faite tout récemment: certaines parties au Liban cherchent à faire paraître une résolution internationale sous le Chapitre VII, qui prend pour point de départ la réaction des ministres concernés à ces requêtes, comme l’a dit le Premier ministre désigné Nagib Mikati sur la chaîne Al Manar. Mikati s’est étonné des dernières requêtes du procureur du TSL à certains ministères: «D’après ce qu’il a été annoncé à ce propos, l’acte d’accusation a été soumis aux autorités compétentes en attendant sa parution. Ce qui revient à dire, forcément, que l’étape des investigations et des requêtes est terminée.

 

As Safir (04 mars 2011)

Saad Hariri dit maintenant tout haut ce qu’il a toujours dit en privé et tout bas. Le Hezbollah sait qu’au fond de lui-même Hariri n’a jamais appuyé la Résistance, lui qui fait partie du «clan des proches des Etats-Unis». Hariri est l’allié des Forces libanaises, qui ont joué un rôle important aux côtés d’Israël lors de l’invasion de 1982, et d’Amine Gemayel, dont le mandat a été marqué par l’accord du 17 mai.

Selon le Hezbollah, Hariri a commis une erreur que seuls les profanes et les débutants en politique commettent, il s’est engagé dans une bataille perdante à un mauvais moment et ne tardera pas à s’enliser dans le sable mouvant du monde arabe, sans même que le Hezbollah fasse le moindre effort pour lui faire face. De plus, le Hezbollah n’entend pas donner à la question de la Résistance une portée purement chiite, il cherche plutôt à lui donner une dimension nationale. D’ailleurs, certains pôles chrétiens et sunnites qui ont défendu la Résistance ont appuyé cette stratégie. La priorité du Hezbollah aujourd’hui est de suivre les transformations historiques dans le monde arabe et de rester prêt à toute éventualité pour protéger le Liban des menaces israéliennes.

 

Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité-02 mars 2011)

Selon des sources de la nouvelle majorité, le dossier de la formation du gouvernement fait du surplace. La naissance du Cabinet serait donc reportée jusqu’après la parution de l’acte d’accusation et la manifestation du 14 mars. La nouvelle majorité considère en effet que la publication de l’acte d’accusation a été reportée en attendant le bon moment. Toutefois, étant données les surprises régionales, le facteur temps joue désormais en défaveur du Courant du Futur et de ses alliés dans la région. Selon les mêmes sources, le président Saad Hariri estime que la dernière chance pour profiter de l’acte d’accusation serait de le rendre public à la veille de la commémoration du 14 mars.        Tout cela encourage la nouvelle majorité et la Syrie à ne pas hâter la formation du gouvernement, dans la mesure où les développements locaux, régionaux et internationaux servent leurs intérêts. Il est donc possible de remettre à plus tard la formation du Cabinet, en attendant que les forces du 14 mars épuisent toutes les cartes qu’elles détiennent.

 

Al Akhbar (02 mars 2011)

Paris, Bassam Tayyara

Le nouveau ministre des Affaires étrangères a présenté son programme d’action en cinq points. Alain Juppé entend refonder l’Union pour la Méditerranée, pousser plus avant l’intégration européenne, resserrer les partenariats stratégiques avec les puissances émergentes notamment la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie, abolir la politique des deux axes: Union européenne-Etats-Unis et enfin prospecter les développements possibles dans le monde. Ce qui est frappant dans le programme quelque peu «révolutionnaire» du nouveau ministre c’est qu’il va à l’encontre des grandes lignes de la diplomatie française depuis l’accession au pouvoir du président Sarkozy et se rapproche plutôt de la diplomatie de De Gaulle. Les premiers signes d’un tel rapprochement sont apparus lorsque le porte-parole du gouvernement français François Baroin a souligné la priorité aux aides humanitaires et non à l’action militaire en Libye. Selon une source française, l’essentiel pour la France est d’empêcher la mainmise américaine sur le pétrole libyen.

Selon un expert du Quai d’Orsay, la tâche du ministre Juppé, perçu par Washington comme un gaulliste, ne sera pas facile, d’autant plus que l’on parle du «départ à la retraite» de Jean David Levitte, l’un des défenseurs de la politique américaine à l’Elysée. Le Ministre Juppé a déjà donné le ton en déclarant hier même: «pas d’action militaire en Libye sans l’accord des Nations unies». Ce qui rappelle aussi la position du président Jacques Chirac lors de l’invasion de l’Irak en 2003.

 

An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars)

Abdel Karim Abou Nasr (04 mars 2011)

Le régime syrien a assuré aux officiels américains et français qu’il soutenait un cabinet d’union nationale au Liban, alors que, sur le terrain, il n’a pas donné à ses responsables l’ordre de demander à leurs alliés au Liban de coopérer sérieusement avec les forces du 14-Mars et le président Michel Sleiman pour former un gouvernement d’union nationale. Car il est clair que le Hezbollah refuse de respecter les engagements internationaux du Liban et d’accorder à la nouvelle opposition le tiers de garantie.

Le régime syrien commet l’erreur de croire qu’il peut mettre le Liban en confrontation avec la communauté internationale du fait de décisions prises par un gouvernement dirigé par le Hezbollah, sans en subir lui-même les conséquences, conséquences qui pourraient aller jusqu’à l’imposition de nouvelles sanctions au régime syrien surtout si l’acte d’accusation du TSL pointe du doigt des responsables syriens dans l’assassinat de Hariri.

Le Premier ministre désigné Najib Mikati s’est empressé de rompre les liens avec le Premier ministre sortant Saad Hariri et d’accepter de former un gouvernement dont la majorité appartient aux alliés de la Syrie. Des sources concernées par les affaires du Liban trouvent qu’il est dans l’intérêt de Mikati de renoncer à former le prochain gouvernement s’il n’est pas en mesure d’en former un qui respecterait les engagements internationaux du Liban et qui appuierait le TSL. La position du premier ministre désigné quant au TSL n’est pas claire, elle incite certains milieux internationaux et arabes concernés par le destin du Liban à se poser des questions. Mikati, qui déclare publiquement qu’il cherche à obtenir une unanimité autour de toute décision prise par son prochain gouvernement, semble plutôt appuyer le Hezbollah et la Syrie dans la question du TSL et refuse de donner des garanties claires et précises aux parties internationales concernées.

Les grandes puissances influentes ne traiteront pas avec le prochain gouvernement présidé par Mikati et dirigé par le Hezbollah comme un gouvernement qui jouit de l’appui du peuple libanais, mais plutôt comme un gouvernement qui reflète la volonté du régime syrien et de ses alliés (…) Le prochain gouvernement sera lié à l’axe syro-iranien en conflit avec l’axe des pays arabes modérés et de certaines puissances occidentales.

Selon des sources diplomatiques occidentales bien informées, Israël et le Hezbollah sont prêts à une guerre qui pourrait éclater à tout moment. Israël a d’ailleurs préparé un plan d’établissement d’une «zone de sécurité» au Liban qui lui serait soumise et dont il ne se retirerait qu’après la signature d’un accord international avec le Liban, appuyé par le Conseil de sécurité. Accord qui garantirait le retrait des armes du Hezbollah et la fermeture du front libano-israélien devant toute opération militaire. Israël serait même prêt à mener des opérations militaires, agréées par des puissances internationales, sur des bases militaires et vitales syriennes pour «punir» le régime de Assad d’avoir soutenu le Hezbollah et fait la guerre à Israël de manière indirecte à travers le Liban.

 

An Nahar (03 mars 2011)

Paris, Samir Tuéni

La France craint qu’un gouvernement monochrome au Liban n’abroge le protocole de coopération entre le Liban et le TSL. Surtout qu’un tel gouvernement déréglera l’équilibre entre les communautés libanaises, mais aussi parce que le Liban fera l’objet de sanctions s’il ne respecte pas ses engagements internationaux.

Paris déterminera sa position définitive au sujet du gouvernement libanais à la lumière de la forme que prendra ce gouvernement et de sa déclaration ministérielle. Mais toute atteinte au pacte de coexistence et au TSL sera vivement dénoncée par la France et l’Europe, ce qui mènera inévitablement à des sanctions directes et indirectes.

 

L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14-Mars)

02 mars 2011

L'ouverture du conclave maronite pour l'élection du successeur au patriarche Nasrallah Sfeir a été fixée pour le 9 mars, à moins d'un retard technique de dernière minute dû au rythme d'arrivée des évêques de la diaspora.

Durant l'interrègne, c'est Mgr Roland Aboujaoudé, l'évêque le plus anciennement ordonné, qui gère les affaires courantes du patriarcat de Bkerké. C'est lui aussi qui présidera le conclave chargé d'élire le successeur du patriarche Sfeir. À partir du 9 mars, les évêques seront réunis à huis clos à Bkerké, sans contact avec l'extérieur, avec pour seule responsabilité la réflexion, le débat et l'élection d'un nouveau patriarche.

 

Al Raï (quotidien koweitien-27 février 2011)

La réaction vigoureuse des États-Unis concernant la formation d'un nouveau gouvernement présidé par Najib Mikati n'est pas due à un refus quelconque de la personne même de Mikati. Le véritable problème, affirment les sources, réside au niveau du désir iranien de mettre la main sur le pays. Certes, la Syrie profite de cette situation, sauf que son rôle reste secondaire en comparaison avec celui de l'Iran qui pousse le Liban à accepter certaines revendications qui avaient été formulées devant Saad Hariri lors de sa visite à Téhéran en tant que Premier ministre et lors du passage du président Ahmadinejad à Beyrouth.

Les sources révèlent que les Iraniens ont formulé trois demandes précises que le président Michel Sleiman était sur le point d'accepter lorsque le ministre de la Défense, Élias Murr, est intervenu au moment propice. Les demandes iraniennes consistaient, tout d'abord, à supprimer les visas entre le Liban et l'Iran. Les responsables iraniens ont relevé à ce propos que la majorité des Arabes, les Européens et les Américains peuvent accéder au pays du Cèdre avec un visa qu'ils obtiennent à l'aéroport sur-le-champ. Les Iraniens ont ainsi réclamé que leurs compatriotes soient notamment traités à l'instar des Turcs, qui n'ont plus besoin de visa pour le Liban.

La deuxième revendication iranienne consistait pour le Liban à signer une convention de défense et de coopération militaire et sécuritaire avec l'Iran.

La troisième demande portait sur l'ouverture du système bancaire libanais sur les banques iraniennes pour les aider à dépasser l'obstacle des sanctions internationales, le Liban étant appelé à jouer le rôle que remplissait Dubaï il y a un certain temps. Autant de demandes qui ont été rejetées par Saad Hariri qui avait promis de les étudier et de les soumettre aux parties intéressées. «Or, c'est précisément le refus du Premier ministre sortant qui était derrière la chute humiliante de son gouvernement», précisent les sources.

 

Washington Post (Quotidien américain-28 février 2011)

David Ignatius

Le Hezbollah semble réaliser que la révolte balayant le Moyen-Orient a subtilement changé le jeu pour lui. Les officiels du parti voient le monde arabe entrer dans une ère plus démocratique et pluraliste. Dans ce nouvel environnement, le Hezbollah ne veut pas être vu comme une milice communautaire ou un rouleau-compresseur, mais comme un partenaire démocratique (qui a tout de même des milliers de missiles pointés sur Israël). Parce que la Tunisie, l'Egypte et la Libye sont des pays sunnites, les événements récents peuvent être vus en partie comme une renaissance culturelle et politique du sunnisme, que le Hezbollah se doit de respecter.

Le premier ordre du jour pour le gouvernement dirigé par le Hezbollah sera la question délicate du TSL. Malgré les discours rassurants de Mikati, le Hezbollah semble assuré que l’impact de l’acte d'accusation sera émoussé et que la question sera laissée en suspens à la sauce libanaise. La question du tribunal illustre les problèmes de la scène politique libanaise. Difficile d’attribuer la responsabilité à qui que ce soit. Le Hezbollah ne veut pas être tenu pour responsable. Et il refuse manifestement d'approuver la stratégie de Michel Aoun, qui se bat pour le leadership de la communauté chrétienne du pays contre le président Michel Sleiman.

 

 

 

La tendance dans le monde arabe

 

                                                               

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   

 

 

 

 

La Syrie ciblée sur tous les fronts

 

Une série d’indices internationaux et régionaux montrant que la Syrie est la cible d’une campagne de pressions, orchestrée par diverses parties, est apparue dernièrement.   

1-Vingt-cinq membres démocrates et républicains du Congrès américain, membres du lobby sioniste, ont signé une pétition demandant à l’Administration Obama  de prendre des mesures strictes contre la Syrie en raison d’informations en provenance d’Israël sur l’existence, en Syrie, d’un programme nucléaire qui nécessite des visites d’inspection.

Des rapports publiés sur Internet, dont certains sont attribués à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), réclament l’adoption de résolutions pour des inspections en Syrie, notamment à Kobar. L’ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert et George Bush avaient reconnu avoir organisé le raid aérien contre ce site, en septembre 2007. Depuis, les informations sur la nature militaire des travaux qui y étaient effectués sont véhiculés par les médias israélo-américains. Pourtant, la version syrienne qui affirme que les radiations enregistrées sur le site proviennent des missiles à uranium utilisés par les avions israéliens n’a toujours pas été démentie.

2-Toute partie honnête et intègre sait pertinemment que les accusations israéliennes perdent leur crédibilité car elles sont motivées par le fait que la Syrie est en état de guerre avec Israël en raison de son refus de se retirer du Golan et par le soutien apporté par Damas aux mouvements de résistance en Palestine et au Liban. Le fait que les Etats-Unis adoptent aveuglément les informations israéliennes n’est pas étonnant, surtout que Washington assure une protection permanente à l’arsenal nucléaire de l’Etat hébreu. L’Amérique veut entraver les efforts de la Syrie visant à maitriser les technologies modernes pour ses besoins défensifs. Il est connu que la Syrie s’efforce de développer les domaines de la recherche et ne possède pas même un programme nucléaire civil qui reste, rappelons-le, un droit garanti par les lois et les résolutions internationales. Ceci dit, l’écrasante majorité des arabes estime qu’il est légitime pour la Syrie de se doter de tous les moyens possibles et nécessaires pour récupérer ses terres occupées et soutenir les résistances au Liban et en Palestine qui affrontent un ennemi disposant 200 ogives atomiques. 

3-Les informations sur une prochaine guerre israélienne contre la Syrie et le Liban se multiplient ces derniers temps. Selon de nombreux rapports, l’offensive israélienne débuterait contre la Syrie, car les expériences passées, depuis 1982, ont prouvé que tant que la force syrienne n’est pas détruite, et tant que ce pays n’est pas noyé sous des flots de sang et démoli de manière à ce qu’il ne puisse plus se relever pendant des décennies, les mouvements de résistance anti-israéliens renaitront et se développeront. L’Iran pourra toujours concrétiser son soutien aux mouvements de résistance via la porte syrienne, de sorte qu’Israël ne connaitra jamais le calme à sa frontière nord. L’influence syrienne restera incontournable et renaitra encore plus forte qu’auparavant. Aussi, est-il nécessaire, lors du prochain conflit, de frapper la tête d’abord, c'est-à-dire la Syrie.

4-Sous le prétexte du changement interne, certains services de renseignement occidentaux et arabes ont activé des groupes de dissidents syriens installés à l’étranger. Ces groupes ont lancé des appels aux manifestations qui n’ont trouvé, pour l’instant, que très peu d’intérêt auprès de la jeunesse syrienne. Mais ces groupes d’agitateurs ne désarment pas. Ils changent de noms et de slogans, dans l’espoir de pouvoir mobiliser la population syrienne. Ce qui prouve que les pressions externes tentent de se faire accompagner de pressions internes afin d’être plus efficaces.         

 

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Evénement

 

Libye

La télévision publique libyenne a affirmé que les forces régulières libyennes ont repris le contrôle intégral de la ville de Zaouïah (50 km à l'ouest de Tripoli), théâtre de violents combats ces 48 dernières heures. Samedi, les insurgés libyens avaient affirmé avoir repoussé à deux reprises les assauts des forces régulières mais se préparaient à de nouvelles tentatives. Les combats pour le contrôle de cette ville située sur la Méditerranée ont été particulièrement sanglants. Selon un médecin, une trentaine de personnes, essentiellement des civils, ont péri au cours des seuls combats de la matinée de dimanche, portant à plus de 60 le nombre de victimes ces dernières 48 heures. Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, Mouammar Kadhafi affirme qu'«en Libye, on a tiré sur personne» et présente la crise en cours dans son pays comme un «combat contre le terrorisme» d'Al Qaïda. «Je m'étonne vraiment que l'on ne comprenne pas qu'il s'agit ici d'un combat contre le terrorisme (...) Pourquoi lorsque nous sommes dans un combat contre le terrorisme, ici en Libye, on ne vient pas nous aider en retour», déclare-t-il dans cette interview réalisée samedi à Tripoli par les envoyés spéciaux du JDD. «Je veux bien me faire comprendre: si on menace, si on déstabilise, on ira à la confusion, à Ben Laden, à des groupuscules armés. Voilà ce qui va arriver. Vous aurez l'immigration, des milliers de gens qui iront envahir l'Europe depuis la Libye. Et il n'y aura plus personne pour les arrêter», prévient-il. «Que la France prenne vite la tête de la commission d'enquête, qu'elle bloque la résolution de l'Onu au Conseil de sécurité, et qu'elle fasse arrêter les interventions étrangères dans la région de Benghazi», demande-t-il. Selon le Sunday Times de Londres, des insurgés libyens auraient par ailleurs capturé une unité des SAS, les forces spéciales britanniques. Les soldats des SAS, qui seraient au nombre de huit, escortaient un diplomate du Foreign Office en mission dans l'Est, précise le journal qui cite des sources libyennes. Leur présence aurait déplu à certaines personnalités de l'opposition libyenne, qui redoutent qu'elle soit exploitée par Mouammar Kadhafi pour démontrer que le pays est le théâtre d'une intervention militaire occidentale et en appeler à la fibre patriotique de ses compatriotes.

 

 

Egypte

Le Premier ministre égyptien désigné Issam Charaf a nommé dimanche un gouvernement intérimaire chargé d'engager des réformes dans le pays et préparer des élections libres après le soulèvement qui a provoqué la démission du président Hosni Moubarak. Ces nominations apportent de nouveaux visages à la tête des ministères clé des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Justice. Issam Charaf a eu des discussions dimanche avec les 23 nommés. Le nouveau gouvernement doit encore être approuvé par le Conseil suprême des armées, désormais à la tête de l'Egypte. Nabil el-Araby a été nommé au poste de ministre des Affaires étrangères en remplacement d'Ahmed Aboul Gheit, en fonction depuis 2004. Le nouveau ministre, juriste diplômé des universités du Caire et de New York, a servi comme représentant de l'Egypte auprès des Nations unies dans les années 90 et comme magistrat dans des instances internationales. Il a notamment été juge à la Cour internationale de justice (CIJ) dans les années 2000. Nabil el-Araby, qui fêtera ses 76 ans la semaine prochaine, avait critiqué la répression des 18 jours de révolte populaire qui ont provoqué le départ du président Moubarak. Issam Charaf a été désigné par le Conseil suprême des armées pour remplacer Ahmed Chafic comme Premier ministre, qui avait été nommé par le président déchu Hosni Moubarak. Par ailleurs, des civils armés ont attaqué des centaines de manifestants égyptiens rassemblés dimanche devant le siège de la Sécurité d'Etat, au Caire. Un responsable des services de sécurité a confirmé que des hommes en civil avaient attaqué la foule rassemblée devant le bâtiment, dans le quartier cairote de Lazoghly. Environ 500 manifestants tentaient de pénétrer de force dans le siège de cette puissante institution dépendant du ministère de l'intérieur. Ils ont été attaqués à coups de couteaux et de pierres par des hommes en civil. Un peu plus tard, l'armée a tenté de disperser la foule à coups de bâtons, tirant plusieurs coups de semonce en l'air, ce qui a forcé les manifestants à se réfugier dans les rues voisines. L'armée égyptienne a appelé dimanche dans un communiqué les citoyens à lui remettre les documents pris à la sécurité d'Etat, dont des bâtiments ont été pris d'assaut à travers le pays par des militants voulant empêcher que les dossiers soient détruits. Samedi, des bâtiments de la sécurité d'Etat avaient été pris d'assaut à travers l'Egypte par des militants à la recherche des dossiers établis sur la population et d'éventuelles preuves d'abus commis par ce puissant appareil dont ils exigent la dissolution. Selon un responsable des services de sécurité, près de 100 000 personnes travaillent à la sécurité d'Etat, sans compter les informateurs.

 

Yémen

L'opposition yéménite a appelé, dimanche, à intensifier la contestation jusqu'à la démission du chef de l'Etat, après le refus par le président Ali Abdallah Saleh d'un départ anticipé. Le président yéménite, au pouvoir depuis 32 ans, a rejeté samedi une proposition de l'opposition, à travers une médiation de dignitaires religieux pour son départ avant la fin de l'année, entendant rester à son poste jusqu'à la fin de son mandat en 2013. La position du président «signifie sa mort politique, et la rue est à présent notre unique recours», a prévenu Mohammad al-Sabri, porte-parole de l'opposition parlementaire, appelant «le peuple à intensifier les sit-in et les manifestations dans toutes les régions». Le régime Saleh est contesté depuis fin janvier avec des manifestations à Sanaa, Taëz, Aden et dans le reste du pays.

 

Bahreïn

Des milliers de manifestants se sont massés dimanche pour la première fois devant le siège du gouvernement à Bahreïn, exigeant la démission du Premier ministre, en poste depuis 1971. La foule agitait des drapeaux bahreïnis et scandait des slogans hostiles à la dynastie des Al-Khalifa, lignée sunnite qui règne depuis 200 ans sur ce royaume dont la population autochtone est en majorité chiite. Depuis trois semaines, des manifestations dans le centre de Manama exigent une plus grande participation populaire dans la gestion de ce royaume, qui occupe une position stratégique dans le Golfe. Les plus radicaux des manifestants demandent la fin de la dynastie des Al-Khalifa et le départ du roi, en dépit de récentes concessions, dont un remaniement ministériel.

 

Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu envisagerait de défendre un accord provisoire avec les Palestiniens plutôt que de tenter de relancer les négociations de paix actuellement au point mort. Le quotidien Haaretz a rapporté que Netanyahu cherche à ratifier un accord qui prévoirait l'instauration d'un État palestinien dans des frontières provisoires, ainsi que la poursuite des discussions sur les principaux points d'un accord final. Israël a décidé de ne pas envoyer de délégation à Bruxelles, où les négociateurs palestiniens ont rencontré, hier à huis clos, des représentants du Quartette pour le Proche-Orient en vue de relancer le processus de paix. Par ailleurs, les forces israéliennes ont arrêté le député au Conseil législatif palestinien de la province d’Hébron), Azzam Salhab, à un barrage militaire près de la ville de Jéricho dans le centre de la Cisjordanie occupée. Salhab avait été libéré le 8 septembre 2010 après avoir purgé 18 mois de détention administrative dans les prisons israéliennes. Il s'agit de sa troisième arrestation durant la session législative en cours. Dans ce contexte, les autorités d’'occupation israéliennes ont arrêté plus de 80 enfants palestiniens de la ville de Jérusalem depuis le début de l'année 2011, selon le centre d'Al Qods pour les affaires socio-économiques.

 

 

  


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